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Prévention des risques lors de la collecte des sargasses

| Publié le 4 juillet 2017 | Dernière mise à jour le 2 août 2017
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Les échouages massifs de sargasses, inconnus jusqu’alors, ont commencé à se produire en Guadeloupe, à partir de 2011. Ils ont été très importants en 2014-2015 et ont repris en mars 2017 après plus d’un an d’accalmie.
Les phénomènes à l’origine de la prolifération des algues dans la « petite mer des sargasses » au large du Brésil sont encore mal connus. Les recherches sont entreprises pour mieux cerner ces phénomènes et en déterminer les causes. il est très probable qu’il faudra subir, à intervalles plus ou moins réguliers, des échouages de sargasses en quantités plus ou moins importantes.
Ces dépôts d’algues sur nos côtes générant des nuisances importantes tant pour les riverains que pour les activités économiques, liées au tourisme ou à la pêche, notamment, leur collecte est une nécessité.
En effet, ces algues dénaturent les plages, perturbent les accès aux ports et génèrent, de par leur décomposition chimique, des émanations d’hydrogène sulfuré, notamment, qui en plus d’être nauséabond peut s’avérer dangereux pour la santé, au-delà de certaines concentrations.

Collecte des sargasses

Cette collecte incombe, aux collectivités locales (communes, collectivités de communes, voire département ou région).
Elle s’effectue sur la plage ou dans l’eau, mais dans la bordure immédiate de la plage. Elle peut aussi s’effectuer sur les parties côtières rocheuses qui sont accessibles. Il est à noter cependant que le ramassage ne doit pas être systématique : en effet, des échouages de quelques centimètres, voire quelques dizaines de centimètre de largeur, sont bénéfiques pour lutter contre l’érosion et participent à l’écosystème côtier. Le ramassage ne doit pas non plus concerner d’autres algues que les sargasses. Dans un certain nombre de configurations, des moyens mécaniques sont mobilisés : tracteurs équipés de fourches, pelles mécaniques,…Ces moyens mécaniques doivent être adaptés et conduits de manière à réduire les prélèvements de sable ainsi que le tassement du haut de plage, qui peut avoir des impacts néfastes sur les sites de ponte de tortues.
Mais dans certains cas, il faut avoir recours au ramassage manuel de ces algues, soit en complément des moyens mécaniques qui ne peuvent pas traiter la totalité du secteur considéré, soit en tant que seul moyen possible pour procéder à cette collecte, compte tenu de la configuration des lieux.
Lors de ces opérations de ramassage manuel, les opérateurs qu’ils soient agents territoriaux ou salariés d’entreprises privées, sont exposés aux émanations de gaz toxique.
Il est donc important de mettre en œuvre des moyens de protection adaptés.

Prévention des risques

Plusieurs notes, avis ou rapports ont été publiés sur la problématique des sargasses, tels que :
Avis de l’ANSES du 10/03/17saisine 2015-SA-0225 et son avis du Comité d’Experts Spécialisé « conclusion et recommandation de CES (page 9 et notamment le sous-paragraphe C « Equipement de protection individuelle »),
• Trois notes de la Direction Générale du Travail des 19/09/2011, 11/02/2016 et 12/05/2017, relatives à la protection des travailleurs ; Deux avis du Haut Conseil de la Santé Publique des 22 mars 2012 et 2 juillet 2015 relatifs à la gestion du risque sanitaire lié aux émissions toxiques provenant d’algues brunes échouées sur les côtes de la Martinique et de la Guadeloupe,
Rapport de juillet 2016 établi à la demande de la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et de la ministre des outre-mer.

Ce rapport élaboré par Tristan Florenne, inspecteur général de l’administration, François Guerber, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts et François Colas-Belcour, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, avait pour but de « formuler des recommandations opérationnelles afin d’organiser la filière de ramassage, stockage, traitement et de la valorisation des algues sargasses dans une perspective de gestion sur le long terme ».

Ce rapport de juillet 2016 résume les préconisations pour le ramassage des Sargasses
Tous ces documents font référence à l’expérience acquise avec les échouages d’algues vertes sur les côtes bretonnes qui se produisent régulièrement depuis de très nombreuses années.
Cette problématique fait l’objet d’un guide et de fiches élaborés par la DIRECCTE de Bretagne.

Les recommandations à l’égard des professionnels confrontés aux sargasses

Dans son avis du 17 février 2016, confirmé par celui du 10/03/17, l’ANSES rappelle que les mesures de protection et de prévention applicables aux travailleurs au contact des algues vertes sont applicables à ceux qui sont au contact des algues sargasses.

Sachant que les valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) de l’H2S sont de 5 ppm pour 8 heures et 10 ppm pour 15 minutes, les principales préconisations sont les suivantes :

· Chaque travailleur (ramasseur à pied ou conducteur d’engins) doit être équipé d’un détecteur portatif d’H2S, situé près des voies respiratoires (dont l’ANSES précise les caractéristiques techniques).
. Le port de détecteur concerne aussi les chantiers à proximité de dépôts en cours de fermentation même si ceux-ci ne sont pas manipulés.
· Chaque travailleur doit porter des équipements de protection individuelle dont des bottes, des gants et des demi-masques filtrant anti-gaz. Ceux-ci doivent être portés dès que le détecteur signale une concentration supérieure à 5 ppm.
· Si la concentration reste égale ou supérieure à 5 ppm pendant 15 minutes, le chantier doit être évacué.
. Si la concentration atteint 10 ppm, le chantier doit être évacué immédiatement
· Les cabines de conduite des engins de ramassage mécanique doivent être isolantes.

Ces préconisations rejoignent totalement celles formulées par la DIECCTE de Guadeloupe en 2015.
Elles doivent donc être mises en œuvre sur les chantiers de ramassage des sargasses en Guadeloupe.

A noter que les équipements de protection individuelle ont partiellement été fournis par les services de l’État et l’ADEME en 2015.

Il convient de rajouter quelques précisions concernant les détecteurs portatifs d’hydrogène sulfuré (H2S) et les demi-masques filtrants anti-gaz.

Les détecteurs portatifs d’H2S :

Ils doivent avoir les caractéristiques suivantes :

  • Affichage permanent du niveau d’ H2S présent dans l’atmosphère.
  • Présence de deux seuils d’alarme avec des indications sonore et visuelle :
    • Alarme 1 : 5 ppm ou 7 mg/m3
    • Alarme 2 : 10 ppm ou 14 mg/m3
  • Mémoire à capacité suffisante pour enregistrer :
    • Le journal des anomalies / évènements avec la date et l’heure correspondante
    • Les données d’expositions des opérateurs, réglées sur une fréquence de l’ordre de 30 secondes
    • Sur une période de 15 jours au minimum
    • Possibilité de connecter l’appareil à un ordinateur pour récupérer et traiter les données enregistrées. Pour être efficaces, les détecteurs doivent être vérifiés très régulièrement, au moins une fois par semaine, selon les préconisations du fabricant et systématiquement après chaque détection d’une concentration d’H2S supérieure à trois fois la valeur moyenne d’exposition (VME), soit 21 mg/m3. Les conditions de réalisation de ces vérifications doivent prendre en compte les risques d’interférence avec d’autres agents chimiques, tel que l’ammoniac et le diméthylsulfure.

Demi-masques filtrants anti-gaz

Ils doivent être conformes à la norme NF EN 140 et munis de filtres anti-gaz A2B2E2K1.
La ou les cartouches doivent être changées à chaque utilisation.

detecteur de gaz
masque a gaz

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